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Espace privé SPIP

Un être, un acte, un lieu, un objet

Exposition inaugurale de la MECA
Frac Nouvelle-Aquitaine
Du 29 juin 2019 au 9 novembre 2019

Commissariat : Aurélien Mole et Eric Tabuchi

Artistes : Martine Aballéa, Athi Patra Ruga, Pauline Bastard, Cindy Bernard, Bernard Johannes Blume, Christian Boltanski, Henry Bond et Liam Gillick, Jean-Marc Bustamante, Robert Cumming, Roe Ethridge, Robert Frank, Luigi Ghirri, Rodney Graham, Peter A. Hutchinson, Valérie Jouve, André Kertész, Kapwani Kiwanga, Frédéric Lefever, Rainier Lericolais, Richard Long, Michel François, Laurent Montaron, Jean-Luc Moulène, Denis Oppenheim, Paul Pouvreau, Evariste Richer, Thomas Ruff, Bruno Serralongue, Cindy Sherman, Link O. Winston, Manuel Ismora


Les Frac de Nouvelle-Aquitaine ont invité l’artiste Aurélien Mole à concevoir un cycle d’expositions à partir de leurs collections photographiques. La première édition, intitulée Véronique et qui fut présentée au Frac Poitou-Charentes, est le résultat d’une collaboration entre Aurélien Mole et l’artiste Julien Carreyn. À la MÉCA, c’est avec Éric Tabuchi qu’Aurélien Mole propose un nouvel opus.

Aurélien Mole, suite au premier volet de cette plongée dans les fonds photographiques des trois Frac de la Nouvelle-Aquitaine, quel fil tirez-vous à la MÉCA ?

AM : Le parti pris pour chaque exposition est de travailler avec un artiste qui a un rapport assez particulier à la photographie. Pour la MÉCA, c’est avec Éric Tabuchi, dont le travail tourne autour de typologies du paysage. Il fait preuve d’une grande finesse dans l’organisation visuelle du réel. C’est en s’appuyant sur cette qualité que nous composons ensemble « Un Être, un Acte, un Objet, un Lieu » qui présente, sur chaque mur à notre disposition, exactement ce qu’indique le titre !

Éric Tabuchi, qu’est-ce qui vous a intéressé dans les collections des trois Frac ? Comment avez-vous abordé cette collaboration avec Aurélien Mole ?

ET : Ce qui m’a intéressé, c’est d’abord d’explorer ces trois collections au travers de leurs spécificités, voir en quoi chacune se distinguait des deux autres, quelles étaient leurs stratifications historiques, quels choix avaient présidé à leur constitution. En somme, si je reporte cette exploration à ma pratique du territoire, quel était l’urbanisme qui caractérisait cet ensemble. Quand Aurélien Mole a donné au projet sa forme définitive, j’ai pensé qu’il fallait s’attacher à en représenter la diversité. Faire en sorte que chaque époque, chaque grand courant, chaque format ou technique y figure autant que possible.

Comment avez-vous pensé l’accrochage ?

AM : Il a fallu penser des groupes de quatre artistes qui puissent tenir ensemble sur un mode sémantique, conceptuel, ou générationnel... C’est la capacité de chaque ensemble à produire une méta-image, c’est-à-dire de former une figure qui rend compte de ce que les images réunies ont en commun,qui a guidé notre choix.

ET : L’architecture des lieux et la disposition des cimaises qui construisent une croix asymétrique sur le plateau de la MÉCA induisent que le visiteur ne se situe pas à l’intérieur du dispositif d’accrochage mais au contraire à l’extérieur. Non pas qu’il en soit exclu, mais du moins devra-t-il en reconstituer mentalement le déplié pour en percevoir la totalité. À partir de cette particularité qui, de fait, empêche son appréhension à partir d’un point fixe, il était important de penser chaque face comme un objet autonome racontant une histoire propre.



Photographies de l’exposition : Jean-Christophe Garcia